La liberté : un des plus grands défis que nous ayons à relever…

Un paradoxe : nous aspirons à la liberté et nous ne sommes guère construits pour y parvenir!

En effet, tandis que la liberté est un idéal auquel nous aspirons, même si chacun peut être conduit à la décliner à sa manière, voilà que nos mécanismes cognitifs et affectifs nous conduisent au conditionnement.

L’apprentissage par mimétisme :

Nous apprenons d’abord par mimétisme, nous copions nos parents, notre entourage avant de trouver, éventuellement plus tard, notre propre voie. Nos neurones miroir nous incitent à copier ceux que nous apprécions, l’interaction spéculaire nous permet de changer si les autres changent, (nous observons d’abord qui prend le risque de faire différemment et ensuite nous nous autorisons à y aller).

Aux aspects cognitifs (à peine ébauchés ici), se joue les mécanismes affectifs. Le moteur de nos engagements et actions est notre rapport affectif aux autres. Nous avons tant besoin d’être aimés et d’aimer que nous privilégions les relations d’amour et parfois de haine (qui ont les deux autant d’intensité) pour écouter et véhiculer des pensées ou nous engager à agir. Seul ce qui nous laisse indifférent ne nous motive pas et de ce fait a peu d’incidence sur nous.

Nous faisons d’abord comme nos parents :

Comme nous aimons nos parents, même s’ils ont été maltraitants, et comme notre conscience d’enfant n’est pas celle de l’adulte nous copions d’abord ce qu’ils nous enseignent et avons tendance, souvent à l’âge adulte, à reproduire même si nous voulons faire différemment (voir les relations de couple, identiques ou systématiquement opposées, donc en opposition, mais déterminée par le modèle parental). Il y a aussi les déterminismes transgénérationnels, les secrets, les tabous, les croyances familiales qui nous conduisent vers tel ou tel chemin.

Il faut beaucoup de volonté et de discernement pour décider d’entreprendre une introspection, voire un travail thérapeutique, pour nous déconditionner et faire un tri sélectif conscient et mature de ce que nous gardons de notre héritage et ce que nous laissons de lâcher. Nous pouvons remercier cet héritage et le trajet que cela nous a permis de réaliser et nous engager délibérément dans la liberté d’être enfin qui nous sommes.

Le formatage de l’école :

Puis, il y a le façonnage de l’école : on nous apprend comme parler, apprendre, comment penser ou plutôt comment ne pas développer une pensée critique et ne parlons pas de tout ce qui s’apprend par cœur, en ânonnant et avec des tapes sur les doigts ou le corps afin que cela rentre mieux ! Et quant à l’université ou toute grande école, après plusieurs années à apprendre les pensées des anciens et surtout à les restituer par cœur (seule garantie d’avoir une bonne note et un diplôme – facteur de positionnement social et de carrière future !-), après 5 voire 8 années (minimum) passées à restituer la pensée des autres, le formatage est acquis. Revenir sur ces éléments est alors bien difficile, surtout que toute carrière universitaire attend que l’on redonne aux nouveaux étudiants les mêmes nourritures que celles que l’on a reçues. Ce n’est que lorsque les professeurs émérites sont enfin à la retraite qu’ils osent dire et écrire ce qu’ils pensent. Dommage ! Ils font alors des émules qui se cassent eux les dents sur le système qui lui n’a pas prévu de se remettre en cause.

La reproduction médiatique :

Les médias les plus officiels sont eux aussi les véhicules des idées ressassées, le travail d’investigation étant devenu bien rare et l’immédiateté du scoop incitant à demander toujours aux mêmes (experts, universitaires..) les mêmes choses, se véhiculent alors sans cesses les mêmes pseudo certitudes …. Nos représentations de la réalité se reproduisent encore et encore et chacun se sent mal à l’aise lorsqu’une connaissance « acquise » est remise en cause, c’était si confortable… Pourtant si la science (entre autres) découvre autre chose, il serait bon que les certitudes soient revisitées. Exemple : les Hommes viennent de Mars et les Femmes viennent de Vénus (best-sellers bourrés d’idées reçues et de stéréotypes, et combien vérifient les sources et confrontent avec les travaux actualisés ces représentations archaïques ???).

C’est alors l’éthique qu’il faut convoquer pour secourir une déontologie malmenée par les exigences d’immédiateté et de rentabilité.

La vigilance de la science :

Par ailleurs, la science étant faite de scientifiques (donc des personnes aux prises avec les mêmes déterminismes que les autres), après la nécessaire introspection et le tri sélectif, c’est aussi les prédicats (valeurs et certitudes) qui poussent à effectuer telle ou telle recherche qui sont à revisiter. Car au nom de la science, l’anthropologie métrique du XIX°eme siècle avait créé le bon sauvage, puis fait un portait robot du parfait juif, la bombe atomique a été inventée ou plus récemment la recherche du gêne de l’homosexualité, par exemple. Les postulats moraux sont dévastateurs… et de ce fait non scientifiques.

Conditionnements sociaux :

Enfin, les conditionnements sociaux. Pour « appartenir » à un groupe social, il faut se conformer à ses codes, donc entrer dans le moule que ce soit d’une religion, d’un parti politique, d’une entreprise, en un mot de tout groupe social.

Etre différent, c’est prendre le risque de l’opprobre et ensuite de devenir le bouc émissaire du groupe et donc faire l’expérience du rejet. Alors notre besoin de reconnaissance est tellement grand que nous nous fondons dans le moule décrit par d’autres plutôt que d’engager une réflexion aussi objective soit-elle sur les enseignements comme les codes et valeurs qui nous sont inculqués. Ceci afin de comprendre à quoi ils nous servent (fonction) et décider, en conscience, de ce que nous conservons, en prenant conscience de l’attachement affectif que nous avons porté sur ces « formatages » et ces « normalisations ». Qu’avons-nous sacrifié sur l’autel de la reconnaissance et du besoin d’appartenance ?

Et pour finir la liberté :

La liberté est alors un projet magnifique mais qui peut parfois se parcourir de manière solitaire surtout si l’on se positionne à contre-courant, délibérément ou simplement par ce que la conscience qui nous anime nous place à rebours des idées reçues et des convictions du plus grand nombre.

La liberté s’acquiert grâce à une introspection minutieuse, un déconditionnement, un tri sélectif des acquis, le développement de la conscience qui passe par la pleine conscience à ce qui EST et non à ce que l’on voudrait que soit la réalité, qui nous permet de nous positionner en tant que personne et de poser des actes qui ne sont pas déterminés par ou pour les autres, mais parce qu’ils font sens et répondent à une certaine justesse. Discernement et liberté reposant sur la sérénité intérieure apportent la véritable joie intérieure que plus rien ne peut ébranler.

Le chemin peut sembler exigeant mais la sortie du tunnel est magnifique.

Pour aller plus loin : Christine Marsan, Choisir la Paix, InterEditions, 2012.

http://www.amazon.fr/Choisir-paix-Christine-Marsan/dp/272961110X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1347194902&sr=1-1

CM – 9 septembre 2012

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